Bonjour,
prolongements de la dernière réunion organisée entre le "Cheval Français" et les professionnels du trot: Entre dopage et soins vétérinaires. Christian Bazire président du Syndicat des Entraineurs drivers de Trot évoque et rappelle dans la presse le dilemme et les éventuels amalgames qui existent entre la notion de dopage proprement dite et les soins vétérinaires. Il rappelle que de nombreux professionnels sont exposés à des sanctions professionnelles et financières, du fait de certains de leurs chevaux contrôlés positifs à l'issue d'une course, alors qu'il peut s'agir (souvent), (mais pas toujours !) de traces de produits administrés au titre de soins nécessaires, par un vétérinaire officiel. Que se passe-t-il en réalité sur le terrain: Un cheval souffre du dos - le vétérinaire fait son diagnostic et administre un traitement par infiltration. Sur la base de ses connaissances professionnelles et de son expérience, il recommande à l'entraîneur de mettre le cheval au repos, à la fois pour laisser à l'animal une période de convalescence raisonnable, mais également pour respecter un délai d'élimination du produit administré.
En effet, pour soigner les problèmes chez les chevaux de course, la science vétérinaire a souvent recours à des corticoïdes, comme chez les humains d'ailleurs - or ce sont à juste titre des substances considérées par le code des courses (et toutes les instances de contrôle sportif chez l'homme) comme des produits dopants. Le vétérinaire demande à l'entraîneur d'attendre 3 semaines avant de réengager le cheval en course, car il croit savoir que c'est le délai nécessaire et suffisant pour que toutes les traces de ce produit administré en toute légalité, disparaissent - l'entraîneur, prudent, rajoute une semaine supplémentaire et il engage le cheval - Le cheval est contrôlé - patatras - positif ! qu'est-ce qui s'est passé ? En fait, le vétérinaire s'est trompé sur le délai d'élimination de la substance - Comment est-ce possible ? Il y a de nombreuses hypothèses: L'appareillage du laboratoire de contrôle s'est modernisé depuis peu et réagit avec davantage de sensibilité par rapport aux traces des substances recherchées et l'expérience du vétérinaire se trouve leurrée par rapport à cette nouvelle donne - Chaque cheval réagit différemment d'un autre - La manière dont a été réalisée l'injection peut jouer sur le temps d'élimination - la charge de travail effectuée par le cheval pendant le traitement, etc..
Au bout du compte, il me semble que le vétérinaire qui soigne et laisse ses consignes à l'entraîneur porte une lourde responsabilité. La plupart des entraîneurs n'ont que très peu de connaissances sinon aucune en matière de soins vétérinaires et il paraît tout à fait normal qu'ils fassent confiance à l'homme de l'art et à la science. Le problème, c'est que lorsque le cheval est déclaré positif, quand bien même suite à des soins et sans intention aucune de doper, c'est l'entraîneur qui est jugé responsable, c'est l'entraîneur qui est pénalisé professionnellement, financièrement, cloué au pilori et (presque) jamais le vétérinaire.
Voir l'article sur le dopage et les chevaux de course: http://www.didierbarlogis.fr/achat-vente-chevaux-course/dopage-chevaux-course-francais
