Les premiers pas d’un néophyte dans la jungle des courses de trot… Quand je me souviens de mes débuts… Passionné de sport, de compétition et de courses de chevaux, turfiste, mais aussi informaticien spécialisé en datamining et en analyse de données complexes, un jour il m’a semblé qu’il serait moins frustrant de consacrer du temps et de l’énergie à l’achat d’un vrai cheval de course, plutôt que d’essayer de déchiffrer des arrivées et de toucher des cotes de plus en plus maigres. C’était en 1988.
Une fois que la décision d’y aller est prise, le plus difficile commence. Comment s’y retrouver, comment démêler les bons plans des mauvais. Qui écouter, qui croire. Progressivement, au fil des petites annonces, des sites internet et des coups de téléphone, on commence par se faire une idée et se rendre compte que l’on nous sert à peu près toujours le même baratin. C’est un fils d’untel, c’est une mère par Toto de Paris, la 3ème ou la 4ème mère était une grande championne gagnante de tel et tel prix… etc, etc… Speedy Crown sur Kimberland et pourquoi pas Bibi Fricotin sur Bob Morane ! Vingt années se sont écoulées et j’entends ou je lis toujours les mêmes bobards, le même charabia… Parfois, je me pose la question de savoir si mon interlocuteur se moque vraiment de moi ou s’il répète machinalement ce qu’il croit être de vrais bons arguments. Finalement, je pencherais plutôt pour la seconde hypothèse. En tout cas, il doivent se passer le mot de génération en génération ou de bistrot en troquet et ça n’évolue pas bien vite. Que penser de toutes ces balivernes… Comme je vous le disais, plus de 20 années ont passé et en ce qui me concerne, il s’agit de 20 années de travail, pour comprendre.
J’ai commencé par fabriquer un logiciel qui permet d’afficher, de visualiser le pédigrée de n’importe quel trotteur français sur 12 générations et plus. Certains se demanderont pourquoi créer de toutes pièces un tel outil puisqu’il en existe sur le marché. Et bien tout simplement parce que si ces logiciels ont le mérite d’exister, ils sont malheureusement très incomplets et surtout bourrés d’erreurs sur la filiation de nombreux trotteurs. Personnellement, j’ai du passer quelques milliers d’heures à la Bibliothèque Nationale de France, assis devant les stud-books du trotteur français et mon ordinateur portable à qui je faisais avaler laborieusement et consciencieusement toutes les informations indispensables.
Ensuite, j’ai créé une base de données alimentée au fil des mois et des années par plus de 15.000 trotteurs de tout poil, de toutes origines et surtout de tous niveaux… les bons comme les mauvais, les cracks, les super-cracks et tous les autres. C’est un échantillon suffisamment important pour étudier et régler le problème - Mesurer scientifiquement le profil d’un trotteur à partir de ses ascendants, de sa construction génétique, pour émettre une prévision sur sa future valeur en course - Pour ce qui est du reste des explications, et bien c’est secret de fabrication… Disons que je me suis inspiré du génial Tesio et que j’ai utilisé les ressources de l’informatique et de l’analyse de données pour tenter de me rapprocher le plus possible des résultats qu’il a pu obtenir dans le pur-sang.
Le secret de fabrication par contre, n’empêche pas de revenir sur le fameux baratin ou charabia de convenance et de livrer quelques informations. Commençons par les poulinières: Quand on nous dit que telle ou telle mère a trotté en 1′15 (ou 1′12 d’ailleurs, ça ne change rien) et qu’elle a gagné tant et tant de courses et qu’on veut nous faire croire que grâce à ses performances, c’est une bonne poulinière, et que son poulain, attention, c’est quelque chose, faut le voir trotter dans le pré… les allures qu’il a, Monsieur… Tout ça, ce sont des foutaises ! (et je vous dirai pourquoi dans le prochain article, au prochain épisode !)
Contact: achat de chevaux de courses.
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courses du 31/07/2010
(avec canalturf.com)